En Asie et dans le Pacifique, des coopératives luttent contre les changements climatiques

19 Jun 2020

Dans la région Asie-Pacifique, les coopératives sont engagées dans la lutte contre les changements climatiques en réduisant leurs déchets et leur consommation d’énergie, en protégeant l’environnement et en aidant les populations locales à se préparer pour faire face aux catastrophes naturelles. Leur action est particulièrement importante, car les pays de cette région seront ceux qui seront principalement touchés par les effets des changements climatiques et des phénomènes météorologiques extrêmes. Actuellement, six des dix pays les plus touchés par des événements météorologiques extrêmes sont situés en Asie et dans le Pacifique. De plus, 60 % de la population de la région travaille dans des secteurs qui sont les plus exposés aux effets des changements climatiques. Sans profond changement, cette région sera responsable de 48 % des émissions mondiales de CO2 d’ici 2030. 

Quelles sont les actions qui sont menées par les coopératives pour changer la donne ? Vous trouverez ci-dessous des extraits d’études de cas qui montrent comment les coopératives de cette région s’engagent pour résoudre les problèmes liés aux changements climatiques et contribuent de manière importante à relever l’un des défis les plus urgents de notre époque.

Australie 

En Australie, CBH Group s’est engagé à ne plus entreposer de déchets en décharge d’ici 2030 et inclura des informations sur ses activités en matière de développement durable dans ses rapports sur ses résultats annuels. Cette coopérative s’est également engagée à protéger et à renforcer la biodiversité locale en minimisant ou en compensant la perte de biodiversité liée à son activité.

Thaïlande

L’union des coopératives de Thaïlande (Cooperative League of Thailand) a lancé un programme de plantation d’arbres pour préserver les ressources en eau en vue d’encourager les membres des coopératives à planter de jeunes arbres, en s’appuyant sur le slogan Une coopérative, Un arbre.

Fidji

En 2011, huit associations de propriétaires fonciers, un collectif de femmes et un groupe de jeunes dans le nord des Fidji ont créé ensemble la coopérative DBFCC (Drawa Block Forest Communities Cooperative) pour conserver 4 120 hectares de forêts tropicales. Ces forêts abritent des espèces endémiques menacées d’extinction qui appartiennent à la faune et à la flore. Les propriétaires fonciers ont cédé leurs droits d’exploitation forestière pour gérer des projets de conservation et tirer des revenus de la production et de la commercialisation du miel de forêt et de la compensation carbone. Ces propriétaires ont ainsi généré 18 800 crédits d’émission de carbone et ont procédé à leur première vente d’émissions en 2018 qui a leur permis de percevoir 9 551 dollars américains (20 700 dollars de Fidji). Leur ambition est de fournir aux populations locales un accès à des infrastructures élémentaires et d’atteindre les objectifs de développement durable de l’ONU. Les efforts de conservation de la coopérative ont été récompensés par le prix d’excellence 2013 SPREP-SPC portant sur l’application des principes de gestion des écosystèmes insulaires.

Inde

La coopérative Indian Farmers Fertilizer Cooperative (IFFCO) fournit des engrais durables issus de végétaux à ses membres qui commencent à utiliser des engrais biologiques et s’intéresse actuellement aussi aux nano-engrais. Cette coopérative a lancé Sagarika, un produit complet de fertilisation qui est fabriqué à partir d’algues marines. Ce produit contribue à améliorer le rendement des engrais conventionnels et la qualité des récoltes en respectant l’environnement. L’IFFCO a également créé une gamme d’engrais respectueux de l’environnement sous la marque Urban Gardens. Cette gamme d’engrais spéciaux a été élaborée par une équipe d’experts et de jeunes diplômés d’école d’agriculture passionnés par le sujet pour promouvoir et protéger la flore et les espaces verts dans les villes et en assurer la viabilité.

L’IFFCO, qui est également résolue à réduire sa consommation d’énergie, poursuit des initiatives alternatives et liées aux énergies renouvelables, et met en œuvre des projets d’économie d’énergie dans ses usines de production d’engrais.

La coopérative s’est engagée à mettre en place des projets de plantation forestière sur une superficie de 29 419 hectares de terres incultes. En 2020, l’IFFCO a mené une campagne nationale qui a permis de planter 700 000 margousiers dans tout le pays. Ces arbres ont besoin d’une faible quantité d’eau pour se développer, contribuent à maintenir la teneur en oxygène et réduisent l’érosion des sols. 

Japon

L’union japonaise des coopératives de consommateurs (JCCU) s’est engagée à réduire ses émissions de CO2 en 2018 et les coopératives qui sont membres de cette organisation ont réduit leurs émissions de 20 % par rapport aux niveaux de 2013. Elles ont atteint cet objectif en associant différentes démarches, y compris l’utilisation d’énergies renouvelables, l’augmentation de la part de production d’électricité par les coopératives, l’amélioration de l’efficacité énergétique dans les bâtiments commerciaux, l’analyse et l’optimisation des itinéraires routiers des poids lourds et la réduction de l’utilisation de plastique. Cette organisation et les coopératives qui en sont membres ont également déployé des efforts dans la production et la consommation d’énergies renouvelables. Pour contribuer à la création d’une société décarbonée indépendante de la production d’énergie nucléaire, la JCCU, en association avec 12 coopératives de consommateurs de tout le pays, a défini un objectif consistant à fournir environ 400 millions de kilowatts-heures par an d’électricité issue d’énergies renouvelables d’ici 2030. Les coopératives de consommateurs ont déployé des installations de production d’électricité issue d’énergies renouvelables, telles que des installations basées sur l’énergie solaire, l’énergie éolienne, la biomasse et l’hydroélectricité de petite envergure dans tout le pays, qui au total produisent 180 millions de kilowatts-heures d’électricité par an. 

Philippines

La coopérative Lamac Multipurpose Cooperative a engagé un projet de reforestation de 48 hectares dans le cadre duquel ses membres ont planté 25 000 jeunes pousses d’espèces rares, telles que le narra. Cette coopérative mène également une activité d’exploitation zéro déchet de la noix de coco, en transformant l’écale en fibre de coco pour fabriquer de la jute, la coque en charbon et le jus en vinaigre et en fabriquant du sucre à partir de ce fruit.

Dans toute la région, des coopératives sont engagées dans des initiatives visant à renforcer la résilience des populations locales pour les aider à faire face aux catastrophes. PH-Haiyan est une coopérative qui a été créée par des habitants de Tacloban qui ont survécu au typhon Haiyan, une catastrophe naturelle dévastatrice qui a frappé la région en novembre 2013. Cette coopérative engagée dans le plaidoyer ambitionne de renforcer la résilience de Tacloban face aux futures catastrophes naturelles, en renforçant les capacités des groupes vulnérables, tels que les sans-abri, les pêcheurs, les populations citadines démunies et les paysans, à faire face aux changements. Parallèlement, PH-Haiyan souhaite atténuer les prochaines catastrophes en protégeant l’environnement et en restaurant les forêts de mangroves le long du littoral qui ont une fonction de barrière naturelle. La coopérative élabore également des systèmes d’alerte précoce, des ateliers de planification en prévision de catastrophes et des formations en matière d’intervention et d’aide d’urgence. En 2019, elle a planté plus de 6 000 arbres et en 2018, elle a coorganisé la conférence des coopératives de Visayas sur l’adaptation aux changements climatiques et leur atténuation pour exhorter les coopératives traditionnelles à s’engager dans la prévention des changements climatiques. Son objectif est de faire en sorte que Tacloban devienne un modèle de résilience climatique.

Sri Lanka

La fédération sri-lankaise de coopératives de crédit SANASA (Federation of Thrift and Credit Cooperative Societies) a contribué à renforcer la résilience de ses membres face aux catastrophes naturelles en développant 10 000 villages durables dans le cadre de son programme « Lassana Lanka » (Merveilleuse Sri Lanka). Son objectif est d’améliorer la résilience de 100 groupes de populations face aux inondations, aux tsunamis, aux glissements de terrain et aux tremblements de terre. Le ministère de l’Environnement du Gouvernement sri-lankais reconnaîtra 100 villages de ce projet dans le cadre de sa politique environnementale intitulée Sri Lanka NEXT Blue-Green Era.

Corée du Sud

En République de Corée, la fédération nationale des coopératives agricoles (NACF) encourage les exploitants agricoles à souscrire à des contrats d’assurance pour atténuer les répercussions des pertes de récolte liées aux catastrophes. Ce projet bénéficie du soutien du gouvernement et la société NongHyup Property and Casualty Insurance, une filiale de NACF, sera responsable de la création et la commercialisation des produits d’assurances. La NACF a également approuvé un budget pour le rétablissement post-sinistre, en accordant des prêts à taux zéro d’un montant de 385 milliards de wons sud-coréens (2019) ainsi qu’un soutien pour le matériel agricole d’un montant de 4 milliards de wons sud-coréens (2019). 

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