Des experts de la région Asie-Pacifique discutent de la manière dont les coopératives sont des agents capables de réduire la pauvreté et de donner une vie digne à leurs membres

05 Mar 2018

La Conférence de Développement coopératif Asie-Pacifique a vu s’établir entre les parties prenantes un dialogue stratégique sur la politique de développement visant à créer des partenariats structurés d'échange et de développement entre celles-ci et les coopératives pour la poursuite du développement durable.

 

Le groupe de discussion sur « L'éradication de la pauvreté : opportunités, protection et autonomisation » a réuni divers intervenants représentant différentes parties prenantes au sein du mouvement coopératif et à l'extérieur de celui-ci. Il a été modéré par Drs. Tulus qui est l'ancien Directeur régional de l'ACI A-P. Les conférenciers étaient Mme Savitri Singh, Directrice de programme, ACI A-P ; M. Upali Herath, Directeur général de Co-operative Insurance, Sri Lanka ; M. Mounir Kleibo, OIT, Palestine ; Mme Jeyavathany Thillainadarasa, SEWA, Sri Lanka et une présentation vidéo de Mme Wenyan Yang, Chef du Département de la perspective sociale sur le développement, Division de la politique sociale et du développement, Département des affaires économiques et sociales, ONU, New York.

 

Mme Singh a soulevé la question urgente de la concentration de la richesse entre les mains de 1 % des individus les plus riches du monde. Elle a déclaré que la réduction de la pauvreté était la raison d'être originale de l'idée coopérative et qu'elle restait le moteur des initiatives de coopération dans de nombreuses parties du monde. Les coopératives mettent l'accent sur la sécurité de l'emploi et l'amélioration des conditions de travail, elles versent des salaires compétitifs, génèrent des revenus supplémentaires grâce à la participation aux bénéfices et à la distribution de dividendes.

 

Dans son exposé, M. Upali Herath a montré comment les coopératives assurent la sécurité des pauvres en leur permettant de convertir les risques individuels en risques collectifs. Il a donné des exemples des coopératives Thrift & Credit, des coopératives laitières AMUL, des coopératives de consommateurs au Sri Lanka pendant la Seconde Guerre mondiale, etc. La production durable est également un domaine d'intervention privilégié pour aider les membres dans l'adversité. Des pratiques agricoles durables ont été introduites au Sri Lanka pour la conservation de l'eau et des sols ainsi que pour l'agriculture biologique. Lorsque certains agriculteurs qui étaient endettés en raison de prêts agricoles se sont tragiquement suicidés, les coopératives ont organisé, à Polonnaruwa, au Sri Lanka, un centre d'éducation des agriculteurs sur les méthodes de l’agriculture biologique à faible coût.

 

M. Mounir Kleibo de l'OIT, Palestine, a sensibilisé le public au concept de « dé-développement ». Dans le contexte de la crise humanitaire qui perdure en Palestine, il a déclaré que «le dé-développement se définit comme un processus qui sape ou affaiblit la capacité d'une économie à croître et à se développer en l'empêchant d'accéder et d'utiliser les intrants essentiels pour promouvoir la croissance interne au-delà d'un niveau structurel spécifique » [1]. Avec la crise économique et sociale grandissante pour le peuple palestinien, on attend que la nouvelle loi sur les coopératives répare certains des dommages à long terme qui ont été causés aux citoyens. La loi devrait mettre en place une Commission nationale des coopératives (CNC). La CNC doit assurer une plus grande coordination entre les différents acteurs du mouvement coopératif, compiler des données sur les différents secteurs coopératifs et approuver les projets financés par la communauté des donateurs pour développer le secteur coopératif. La mise en place de la CNC constitue un espoir pour 25,8 % des Palestiniens vivant sous le seuil de pauvreté.

 

Mme Yang a souligné que les coopératives jouent déjà un rôle important dans la réalisation des ODD car leur structure fondamentale « renforce les moyens de mise en œuvre et revitalise le partenariat mondial pour le développement durable ». Dans certains pays, les coopératives sont les principales sources de moyens de subsistance et la seule option pour sortir les gens d’une misère noire. Elle a cité l'exemple du Kenya où 63 % des travailleurs dépendent des coopératives pour leur emploi. Elle a demandé instamment aux géants de la coopération de fournir aussi des ressources financières pour financer les efforts de développement du mouvement coopératif mondial.

 

Enfin et surtout, nous avons entendu l'exposé de Mme Jeyavathany, représentante de SEWA au Sri Lanka, qui a partagé avec tous le travail important entrepris par son organisation avec des femmes économiquement et socialement marginalisées dans trois districts du Sri Lanka. SEWA a autonomisé ces femmes en leur fournissant des compétences essentielles pour travailler avec des ordinateurs, dans la transformation des aliments, etc., et pour lancer leur propre entreprise.

 

Le groupe de travail sur l'éradication de la pauvreté a fourni beaucoup de matière à réflexion. Il a fait écho à ce que nous savons être des faits essentiels sur le renforcement du mouvement coopératif contre les risques futurs pour ses membres, tout en élargissant la portée de ce que nous comprenons en introduisant des aspects sur les zones de conflit et le rôle des coopératives. Il a réaffirmé notre foi dans les coopératives en tant qu'agents capables de réduire la pauvreté et de donner à leurs membres les moyens d’une vie décente et digne.

 

La Conférence de Développement coopératif Asie-Pacifique était organisée sur le thème « Construire des partenariats multipartites sur le développement durable » à l'Hôtel Galadari de Colombo (Sri Lanka) du 27 au 28 février 2018. Elle était coorganisée par l'Alliance coopérative internationale Asie-Pacifique en partenariat avec l’ACI-UE sur les coopératives dans le développement : les entreprises centrées sur les personnes (# coops4dev) et le mouvement coopératif sri-lankais dirigé par le Conseil national des coopératives, la Fédération des coopératives de consommateurs, la Fédération SANASA, Kotikawatta Thrift & Crédit coopératif et l’Institut national de développement coopératif.

 

Plus d'informations sur http://www.ica-ap.coop/

 

 

coops4dev

This article has been co-funded by the European Union. The contents of this article are the sole responsibility of the International Co-operative Alliance and can in no way be taken to reflect the views of the European Union.

[1] Définition donnée par Sara Roy, économiste politique à Université de Harvard.

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