13 – 18 September 2026, Panama ICA Global Conference & Assemblies Building bridges: cooperative contributions for a peaceful world

Cooperativa Profesionales, organisation hôte panaméenne, regarde vers l’avenir à l’#ACIPanama2026

19 Aug 2026

Deux membres panaméens de l’ACI accueillent conjointement la Conférence mondiale de l’ACI 2026 et son Assemblée : l’Institut Panaméen autonome coopératif (en espagnol, Instituto Panameño Autónomo Cooperativo ou IPACOOP) et la Coopérative des services multiples professionnels (Cooperativa de Servicios Múltiples Profesionales ou Cooperativa Profesionales). Lisez notre entretien avec l’IPACOOP ici et découvrez plus en détails Cooperativa Profesionales ci-dessous !

Parlez-nous de Cooperativa ProfesionalesQuelle est votre activité et qui sont vos membres ?

Notre histoire est, pour l’essentiel, l’histoire d’une nécessité spécifique devenue une institution dotée d’une vision bien plus vaste.

Cooperativa Profesionales, R.L. a vu le jour en 1970 avec un but très spécifique : répondre aux nécessités économiques et sociales des professionnels de la santé. Elle a commencé à opérer forte de 112 membres, principalement des médecins, dentistes et professionnels afférents liés au Fonds de sécurité sociale (en espagnol, Caja de Seguro Social).

Au fil des années, cette vision a pris de l’ampleur et aujourd’hui nous sommes une coopérative multi-services qui travaille pour soutenir nos membres et leurs familles dans les différentes dimensions de leur vie à travers des produits et services financiers, un programme de santé adapté, l’épargne, le crédit et les prestations sociales, ainsi que d’autres initiatives.

L’éligibilité de nos membres a aussi évolué. En 1995, nous avons commencé à accueillir les enfants de nos membres et d’autres professionnels du secteur sanitaire sont progressivement arrivés parmi nous, notamment des nutritionnistes, vétérinaires, psychologues, kinésithérapeutes, orthophonistes, optométristes et bien d’autres.

C’est pour cette raison qu’au lieu de parler d’une institution uniquement financière, nous préférons nous décrire comme une organisation créée par des professionnels et pour des professionnels, pour leurs familles et leur bien-être.

Actuellement, le challenge n’est plus seulement la croissance ; il s’agit de veiller à ce qu’une institution forte de plus de 50 ans d’histoire reste pertinente pour les nouvelles générations de sorte à pouvoir répondre à des enjeux économiques, technologiques et sociaux entièrement différents de ceux qui existaient en 1970.

 

En tant que coopérative multi-services, comment les membres prennent-ils part aux décisions relatives aux services proposés ? Pourriez-vous partager un exemple récent du fonctionnement dans la pratique ?

C’est justement l’une des grandes différences entre le modèle de coopérative et une société traditionnelle : nos membres ne sont pas seulement les utilisateurs des services, ils sont aussi propriétaires de l’organisation.

La participation se concrétise à travers nos mécanismes de gouvernance coopérative : réunions de chapitres, délégués et Assemblée générale, ainsi que divers organes et comités de la Coopérative. Les délégués sont des membres élus et ils ont la responsabilité de représenter d’autres membres auprès de l’Assemblée.

De plus, nous avons choisi une structure par chapitres, qui contribue à entretenir les liens entre les membres de différentes régions du pays. Les chapitres fonctionnent comme des espaces de participation et de communication entre les membres et la gestion de la Coopérative.

Un exemple récent de cette philosophie est la consolidation de la participation auprès des jeunes générations. En 2025, le Sous-comité de la jeunesse a été créé en réponse à la nécessité de favoriser la participation, la formation et le renouvellement générationnel au sein de la Coopérative.

Cela montre que la participation ne devrait pas se limiter à un scrutin annuel seulement. Nous voulons que nos membres aient la capacité de soumettre des propositions, de débattre, de participer et de construire la Coopérative à la mesure de leurs besoins.

Vous êtes l’une des deux seules organisations panaméennes membres de l’ACI. Qu’est-ce que cela signifie, dans la pratique, de faire partie de cette organisation internationale ?

Être membre de l’ACI signifie bien plus pour nous qu’appartenir à toute autre organisation internationale.

Cela signifie faire partie d’un mouvement mondial qui regroupe les coopératives de différents secteurs et pays, et partage des principes et des valeurs basés sur la démocratie, la solidarité, la participation et la recherche du bien-être collectif.

Dans le cas du Panama, Cooperativa Profesionales est membre à part entière de l’ACI, tandis que l’IPACOOP en est un membre associé.

Dans la pratique, cette adhésion nous permet d’apprendre des expériences mutuelles, de partager nos bonnes pratiques, de prendre part aux espaces de débat internationaux et d’aider à positionner les nécessités et les contributions du coopérativisme panaméen à l’agenda mondial.

Et plus important encore : cela nous permet de comprendre que bon nombre des défis que nous rencontrons, comme la transformation numérique, l’inclusion financière, la durabilité, la participation de la jeunesse, la santé, la prise en charge et le renouvellement générationnel, ne sont pas limités au Panama. Ce sont des défis que connaissent les coopératives du monde entier, des défis que nous pouvons aborder à travers la coopération et le partage du savoir.

Pour Cooperativa Profesionales et ses membres, que signifie le fait d’accueillir la communauté coopérative mondiale au Panama pour la conférence conjointe de l’ACI et Coopératives des Amériques ?

Il ne fait aucun doute que c’est un moment historique pour le coopérativisme panaméen. Pour Cooperativa Profesionales, cela signifie assumer une responsabilité très spéciale : être à la fois hôtes et ambassadeurs du coopérativisme panaméen.

La Conférence mondiale aura pour thématique « Construire des ponts, les contributions des coopératives en faveur de la paix dans le monde ». Or, le Panama est un pays qui construit historiquement des ponts entre les continents, les cultures et les économies. Le fait que ce mouvement coopératif mondial se retrouve là est porteur d’une immense valeur symbolique.

Mais nous voulons que cette conférence laisse plus que des photos et des rencontres. Nous voulons qu’elle soit créatrice d’alliances, de connaissances, d’opportunités de coopération et de projets qui trouveront suite après la fin de l’événement.

Pour nos membres, il s’agit d’une extraordinaire opportunité pour comprendre qu’ils appartiennent à un mouvement bien plus vaste que leur propre organisation : une communauté coopérative mondiale en quête de réponses collectives aux grands challenges de notre temps.

 

Comment se déroule le travail de Cooperativa Profesionales avec les organisations partenaires, dans les pays voisins et au sein du mouvement coopératif international ?

La coopération entre coopératives est l’un des principes au cœur de notre travail et nous sommes convaincus qu’il doit se traduire en actions concrètes.

Nous travaillons à travers une participation dans les espaces nationaux, régionaux et internationaux, partageons des expériences, connaissances et bonnes pratiques, mais édifions aussi des alliances autour des problèmes importants pour nos organisations et nos membres.

De plus, notre participation internationale permet de faire connaître les expériences développées au Panama dans d’autres pays, tout en nous donnant l’occasion d’adapter les réussites d’autres coopératives à notre propre réalité.

Pour nous, coopérer ne signifie pas seulement nous aider mutuellement en tant que coopératives ; cela veut dire construire ensemble des solutions qui seraient tellement plus difficiles à trouver individuellement...

Un exemple très parlant : l’année 2025, lorsque Cooperativa Profesionales a pris une part active, aux côtés de Coopératives des Amériques et de l’IPACOOP, à l’événement régional de clôture de l’Année internationale des coopératives au Panama. Plus de 400 coopérateurs et coopératrices étaient réunis et ont pu aborder des questions comme l’économie et la société des soins, la durabilité, l’innovation, l’inclusion et le développement.

L’Année internationale des coopératives 2025 a donné l’occasion de regarder vers l’extérieur mais aussi de regarder vers soi et de se questionner sur le sens véritable d’être une coopérative au XXIº siècle. Car pour nous, l’Année internationale ne s’est pas achevée le 31 décembre et le vrai défi est de transformer la dynamique créée en agenda permanent à l’horizon 2030.

 

Comment la coopérative s’adapte-t-elle aux challenges et aux opportunités de la prochaine décennie ? Quelle est, à votre avis, sa plus vaste contribution à la société panaméenne ?

La prochaine décennie nous demande de penser différemment.

Nous avons devant nous des challenges tels que la transformation numérique, le changement des habitudes de consommation et d’interaction de nos membres, l’arrivée des nouvelles générations, la durabilité, la concurrence dans le secteur financier, sans oublier la nécessité de proposer des services de plus en plus souples et personnalisés.

C’est pourquoi nous travaillons sur plusieurs fronts : transformation numérique, innovation, consolidation de la gouvernance coopérative, éducation financière et coopérative, renouvellement générationnel et une expérience d’adhésion de plus en plus marquée par la proximité et la pertinence.

Mais notre transformation ne peut être uniquement technologique, nous la voulons aussi culturelle et organisationnelle.

La question que nous devons nous poser n’est pas seulement celle de savoir quels services nous proposerons dans dix ans ; nous devons nous demander quels seront les besoins de nos membres dans dix ans et ce que nous pouvons faire aujourd’hui pour nous y préparer.

Et notre contribution au Panama va au-delà des services que nous fournissons. En tant que coopérative, nous participons à la création d’un bien-être économique et social, à la consolidation de la culture de l’épargne, à l’accès facilité au financement, à la promotion de l’éducation et au développement d’initiatives liées à la santé et au bien-être.

Enfin, nous voulons montrer que le coopérativisme n’est pas un modèle qui appartient au passé mais un modèle qui renferme un grand avenir si nous parvenons à allier nos valeurs historiques à l’innovation, à la technologie et à une véritable vision des nécessités des personn