Entretiens GCE : Nos échanges avec Aquila

18 May 2021

Global Cooperative Entrepreneurs (GCE) est un programme de mentorat innovant qui réunit de jeunes entrepreneurs avec une brillante idée de coopérative et des mentors du mouvement coopératif et des organisations de jeunes.

Le programme GCE génère non seulement un réseau mondial de personnes partageant les mêmes intérêts, mais sert également de catalyseur d’idées nouvelles pour aider les jeunes entrepreneurs à faire de leur rêve de coopérative une réalité.

Des jeunes originaires de huit pays de toutes les régions de l’ACI ont pris part au programme – Indonésie, Malaisie, Inde, Zimbabwe, Ouganda, Pologne, Suède et Colombie. Le programme GCE est une initiative lancée dans le cadre du Partenariat ACI-UE (#coops4dev), qui s’inspire du projet financé par CoopStarter 2.0 Erasmus+ coordonné par Cooperatives Europe.

Pour en savoir plus sur le programme, consultez cette toute nouvelle page web !

En dépit des graves répercussions de la pandémie de COVID-19 sur le programme, les jeunes entrepreneurs (également appelés jeunes ambassadeurs) font preuve d’une grande capacité de résilience et trouvent les moyens de continuer à faire avancer leurs projets d’entreprise coopérative.

Aujourd’hui, nous lançons une série d’entrevues avec de jeunes ambassadeurs du programme GCE et leurs mentors. Ils nous diront pourquoi ils ont choisi le modèle coopératif afin de lancer leur projet de création d’entreprise.

Nous débutons par le récit édifiant d’Aquila !

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Description succincte de votre idée de start-up

Sayur Mayur Ruteng est une coopérative de consommateurs dont le but est d’accompagner le développement économique des agriculteurs locaux, notamment les femmes, à Ruteng, Manggarai Regency. Elle consiste en une plateforme en ligne dédiée à la vente de légumes, qui permet ainsi de faciliter l’accès au marché des producteurs et l’accès aux légumes pour la communauté. Sayur Mayur signifie légumes en Bahasa, et Ruteng est le nom de la ville où je vis à présent.

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Expliquez-nous un peu pourquoi vous avez choisi ce projet en particulier ? Quels éléments vous ont fait penser qu’il existait un créneau et un besoin social pour ce service ?

Nous pensons que la qualité de vie de la communauté peut s’améliorer en fonction de ce que mangent les gens. Lorsque l’alimentation est saine, la croissance d’un individu s’améliorera également, et cela aura un effet positif sur la communauté. Pour obtenir une alimentation d’excellente qualité, il est important d’associer les agriculteurs à l’amélioration de leur économie. La relation entre des individus qui ont besoin d’une nourriture saine et des agriculteurs qui ont besoin d’être mieux rétribués est une relation qui peut être bénéfique pour les entreprises et avoir un impact social. Notre travail consiste à rapprocher les agriculteurs et les clients, membres ou non de la coopérative.

Dans quelle mesure votre communauté bénéficiera-t-elle de ce projet ?

Dans l’accomplissement de cette tâche, Sayur Mayur Ruteng divise ses objectifs en trois parties qui, selon nous, peuvent offrir des perspectives à long terme à la communauté :

- À court terme, aider les exploitations agricoles et les exploitations d’élevage locales à commercialiser leurs produits et faciliter l’accès de la collectivité à l’alimentation;

- À moyen terme, établir des liens entre les agriculteurs, les éleveurs et les collectivités afin de créer un « nouveau segment de marché local » grâce aux nouvelles technologies;

- À long terme, en tant que plateforme de travail collaboratif entre les agriculteurs, les éleveurs, l’industrie de transformation, les clients et les autorités locales afin de redresser l’économie et de sensibiliser davantage la population à une alimentation saine, mais également de créer de nouveaux emplois pour les jeunes au chômage.

Lorsque vous démarrez un projet d’entreprise dans votre pays, quels sont à votre avis les principaux éléments destinés à faciliter la réalisation de votre projet (par exemple un service d’accompagnement, l’accès au financement, une réglementation favorable, les formalités administratives) ?

Même si nous travaillons dans l’agriculture, nous n’avons pas de connaissances de pointe dans ce secteur mais avons beaucoup appris depuis que nous avons lancé notre entreprise. Par ailleurs, le travail en réseau est absolument nécessaire pour mener à bien des projets. Nous avons appris auprès de personnes ayant travaillé dans le domaine du développement communautaire et auprès d’agriculteurs avant nous. Aujourd’hui, Sayur Mayur Ruteng collabore avec plus de 10 exploitants agricoles pour s’approvisionner et plusieurs bénévoles pour partager des expériences. Un bénévole travaillant avec Sayur Mayur Ruteng est un représentant de la At-Taqwa Modern Islamic School (Pondok Pesantren Modern Sumber Daya At-Taqwa), guidée par Kyai Tanjung afin de créer un modèle pour le domaine de l’agriculture biologique servant de lieu d’apprentissage pour la communauté. Actuellement, nous sommes également en train de concevoir et de promouvoir le Program Petani Muda Millennial (programme des jeunes agriculteurs du millénaire) afin de soutenir les jeunes exploitants agricoles, en partenariat avec les autorités locales.

Quels sont les principaux défis auxquels vous avez été ou êtes confrontés pour aller de l’avant ?

Sayur Mayur Ruteng a été lancée en mai 2020, lorsque la pandémie de COVID-19 a frappé l’Indonésie. Sayur Mayur Ruteng a prévu de lancer une campagne de renforcement des capacités pour les membres et les exploitants agricoles, à laquelle prendront part de nombreuses personnes. Par conséquent, Sayur Mayur Ruteng a véritablement besoin de pouvoir disposer de ressources financières suffisantes et de formateurs qualifiés. À part attendre que la pandémie s’estompe, nous recensons également les personnes qui souhaitent soutenir notre entreprise tout en préparant nos activités futures.

La pandémie de COVID-19 a-t-elle un impact sur votre agenda GCE ? Si tel est le cas, quelle est son incidence et quelles mesures allez-vous adopter pour développer votre idée de start-up ?

La pandémie de COVID-19 a perturbé notre projet. Initialement, nous avions prévu d’y impliquer des étudiants. Notre idée était de lancer des coopératives étudiantes qui serviraient de cadre non seulement pour améliorer l’éducation et l’économie, mais aussi préparer les étudiants une fois diplômés. Mais dans la mesure où les écoles ont permuté vers un système en ligne, toutes les activités ont été suspendues. Tandis que chacun attend que les conditions s’améliorent, nous autonomisons les agriculteurs locaux qui pourront devenir des exemples.

Le modèle coopératif offre-t-il plus d’éléments de résilience pour faire face à la crise actuelle du COVID-19 que d’autres types de modèles d’entreprise ?

Évidemment, avec l’augmentation du prix des denrées en raison de la pandémie, le modèle coopératif peut par ailleurs sensibiliser au besoin collectif d’une alimentation de qualité pour les familles. En outre, le modèle coopératif que nous avons mis en œuvre peut être productif pour l’équipe concernée, puisque certains acteurs sont des gens qui ont perdu leur emploi en raison de la pandémie de COVID-19.

Quelles sont vos projections à court terme ?

Au vu des objectifs à long terme qui ont été fixés, nous espérons que cette coopérative deviendra une plateforme de travail collaboratif dans le secteur agricole à Ruteng. Nous mettons actuellement sur pied une collaboration avec les autorités locales. Cela devrait être la première étape du mouvement coopératif, notamment parmi les jeunes, pour plaider en faveur de la question alimentaire dans la région.

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Comment avez-vous entendu parler du programme GCE ?

J’ai découvert le programme GCE par le biais du groupe de jeunes militants sur WhatsApp, que j’ai rejoint lorsque je recherchais des informations sur le modèle d’entreprise coopérative pour un précédent travail. De nombreux jeunes quittent leur village pour chercher du travail, alors que celui-ci renferme des ressources abondantes. Je pense qu’il s’agit là d’un programme intéressant parce qu’il vise à encourager les jeunes et les entreprises, mais également l’engagement social.

Pourquoi avez-vous décidé de devenir jeune ambassadeur du programme GCE ?

Ce programme est très intéressant parce que, où je vis, de nombreux jeunes de mon âge considèrent les coopératives uniquement comme des lieux d’épargne et de crédit, même s’il est possible de créer une entreprise coopérative dans n’importe quel domaine d’activité. A part ça, si nous n’apprenons pas, si nous ne faisons rien pour améliorer l’image des coopératives dans nos régions et si nous n’en faisons pas des exemples, alors qui s’en chargera ?

Dans quelle mesure le programme GCE peut-il vous aider à faire de votre projet d’entreprise une réalité ?

Le programme GCE m’a permis de rencontrer des conseillers, d’autres ambassadeurs et de nombreux coopérateurs œuvrant dans différents secteurs, qui m’ont fourni différents points de vue sur ce modèle d’entreprise. Grâce à ces échanges, je vois l’entreprise différemment : pas seulement bénéfique pour les membres, mais également ayant un impact positif sur d’autres.

Pourquoi pensez-vous que la coopérative soit le modèle d’entreprise le plus adapté pour votre projet ?

Un défi commun à la création d’entreprise est capital. Il sera plus difficile de lancer votre entreprise seul que de la démarrer avec d’autres personnes. Le programme GCE m’a éclairé sur la façon de créer mon entreprise et de démarrer mon activité : comment une entreprise peut s’avérer profitable pour de nombreuses parties et sur la sensibilisation aux besoins au sein même de la communauté.

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Le Partenariat ACI-UE pour le développement international (également connu sous le nom de #coops4dev) a été signé en 2016 entre l'Alliance coopérative internationale et la Commission européenne pour renforcer le mouvement coopératif en tant qu'acteur clé du développement international. Pour en savoir plus sur #coops4dev, visitez notre site Web.

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