13 – 18 septembre 2026, Panama Conférence mondiale de l’ACI et Assemblées Construire des ponts, les contributions des coopératives en faveur de la paix dans le monde

Journée internationale de la paix 2026 : Construire une économie de paix par la coopération

21 Sep 2026

À l’occasion de la Journée internationale de la paix, l’Alliance coopérative internationale renouvelle son appel à investir dans la paix non seulement en réagissant aux conflits mais aussi en s’attaquant aux conditions économiques et sociales qui leur permettent de s’enraciner.

Cette année, la Journée internationale de la paix, observée le 21 septembre sous le thème « Investir dans la paix : pour tous, partout, chaque jour », survient à un moment où les conflits gagnent en ampleur et en complexité tandis que les communautés du monde entier continuent de subir violence, déplacements, inégalités et insécurité. Les Nations Unies utilisent cette journée pour mettre en lumière le travail quotidien des personnes et des communautés qui comblent les divisions, instaurent la confiance et créent les bases d’une paix durable.

Pour le mouvement coopératif mondial, cet appel trouve un profond écho.

Il y a quelques jours, le 17 septembre à Panama, des représentants du mouvement coopératif ont adopté la Déclaration de Panama : « Construire des ponts – contributions coopératives pour un monde pacifique », réaffirmant leur conviction que « la coopération est une force puissante au service de la paix, de la justice, de la démocratie, de l’inclusion, de la solidarité et de la prospérité partagée ».

La Déclaration adopte une vision large de ce qui est nécessaire pour bâtir la paix. La paix positive exige bien plus que la simple cessation de la violence. Elle requiert des sociétés où chacun peut vivre dans la dignité, la justice, l’égalité, la sécurité et l’accès aux opportunités ; où les différences peuvent être traitées par le dialogue et des mécanismes institutionnels appropriés ; où les communautés et les institutions reposent sur la confiance et la solidarité. Elle implique également de s’attaquer aux causes profondes et aux conditions structurelles qui peuvent permettre l’émergence et la persistance des conflits — notamment la pauvreté et les inégalités, l’exclusion, la marginalisation, la faiblesse des institutions, l’absence de participation significative, les violations des droits humains ainsi que les pressions environnementales qui compromettent les moyens de subsistance et la sécurité.

C’est ici que l’idée d’une économie de la paix revêt une importance capitale.

La Déclaration de Panama appelle à une économie qui investit dans des conditions de vie et des moyens de subsistance dignes, réduit les inégalités, élargit la participation significative, renforce l’inclusion sociale et économique, construit la résilience et oriente les ressources vers le développement durable plutôt que vers les facteurs et les conséquences des conflits. Elle reconnaît que les coopératives contribuent déjà à bon nombre de ces fondements par la manière dont elles créent des moyens de subsistance, élargissent la participation économique et l’appropriation, renforcent les économies locales et bâtissent des communautés résilientes.

« Partout où il y a coopération, il y a une semence de paix, de démocratie, d’inclusion et d’équité que nous devons cultiver pour qu’elle grandisse et se multiplie dans chaque région » a déclaré le Dr Ariel Guarco, Président de l’Alliance coopérative internationale.

Cette contribution n’est pas théorique. Les coopératives rassemblent des personnes autour d’intérêts économiques partagés et d’une prise de décision démocratique. Elles créent des espaces où les gens apprennent à travailler au-delà de leurs différences, à partager les responsabilités et à instaurer la confiance. Elles contribuent au maintien des moyens de subsistance et des services essentiels en temps de crise et peuvent participer à la reconstruction des économies et des communautés locales lors des phases de relèvement et de reconstruction. La Déclaration de Panama invite donc les coopératives à intégrer la paix positive dans leurs pratiques quotidiennes et à œuvrer aux côtés des gouvernements, des Nations Unies, de la société civile et des acteurs de la consolidation de la paix, avant, pendant et après les conflits.

Le programme élargi de développement des Nations Unies renforce ce lien entre paix et économies inclusives. Bjørg Sandkjær, Secrétaire générale adjointe des Nations Unies chargée de la coordination des politiques, a déclaré aux participants réunis à Panama : « Les ODD constituent une feuille de route commune pour la paix et la prospérité ». Elle a ajouté que le fait de veiller de ne laisser personne de côté et de permettre à chacun de participer pleinement à la vie économique et sociale sont des conditions essentielles pour des économies plus solides et plus résilientes. Son message fait écho à la proclamation par l’Assemblée générale des Nations Unies de l’année 2025 comme Année internationale de la paix et de la confiance qui appelait à renforcer la paix et la confiance par le dialogue, la coopération et le règlement pacifique des conflits.

La Déclaration de Panama traduit ce message en un programme d'action concret. Elle invite les gouvernements à reconnaître les coopératives comme des partenaires stratégiques dans la consolidation de la paix et le développement, les Nations Unies ainsi que les institutions internationales et régionales à associer les coopératives comme partenaires de mise en œuvre et les partenaires au développement, la société civile, le monde universitaire et le secteur privé à collaborer avec les coopératives pour déployer à plus grande échelle des solutions centrées sur les personnes. Elle appelle également les États à respecter l'État de droit, à honorer leurs obligations au titre de la Charte des Nations Unies et du droit international, et à résoudre les différends par des moyens pacifiques.

Pour l'ACI, investir dans la paix signifie investir dans les personnes, les institutions et les économies qui rendent possibles des sociétés pacifiques.

Cela signifie soutenir un travail et des moyens de subsistance dignes. Cela signifie réduire l’inégalité et l'exclusion. Cela signifie créer des opportunités pour que les jeunes et les femmes participent et assument des responsabilités. Cela signifie renforcer les institutions démocratiques, la résilience des communautés et la cohésion sociale. Enfin, cela signifie reconnaître que l'action locale — qu'il s'agisse d'une coopérative aidant une communauté à se relever d'une crise ou de millions de membres participant démocratiquement à la vie économique — peut contribuer à la paix mondiale.

Le défi consiste désormais à transformer cet engagement en actions concrètes.

Comme le stipule la Déclaration de Panama : « Depuis Panama, nous appelons donc à l’action : pour traiter les racines des conflits avant qu’ils ne deviennent violence ; pour construire des économies qui créent dignité, opportunité et inclusion ».

En cette Journée internationale de la paix, le mouvement coopératif renouvelle cet appel : investissons dans la paix, pratiquons la coopération et construisons une économie de paix — ensemble.

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